Wednesday, May 6, 2015

Introduction à la bande dessinée: l’importance du storyboard


Comme je sais que pas mal d’entre vous, tout comme moi, s’intéressent à la bande dessinée, je voulais en faire une petite introduction sur le blog, même si ma priorité reste d’écrire sur les différentes techniques de dessin. Et qui dit « Bande dessinée », dit avant tout « Storyboard ».



Mais qu’est-ce qu’un Storyboard ?

Le storyboard est un moyen puissant et rapide utilisé par l’auteur avant de réellement dessiner son histoire, qui consiste à l’esquisser dans un premier temps, sous forme d’une séquence d’images sobres agencées de façon à exprimer l’action dans le temps et dans l’espace.
Pour l’auteur, cela permet d’aller à l’essentiel en se concentrant sur seulement quelques images de même taille, afin de dégrossir le travail visuel de mise en scène.
Pour le public, le storyboard constitue à ce stade une représentation simple de la scène, et suffit déjà à présenter l’histoire de manière intéressante et parfois même amusante.
En clair, réaliser une bonne bande dessinée passe avant tout par un bon storyboard, et bien entendu une bonne histoire, cela va sans dire ;) .
De nos jours, le storyboard n’est pas utilisé seulement pour créer des bandes dessinées, mais il est aussi exploité par la publicité, par le grand écran, par les séries TV, par l’animation, par les jeux vidéos. Le storyboard est partout sans que nous nous en rendions vraiment compte… Il est devenu en moins de 20 ans un outil indispensable pour les vastes mondes de l’audio-visuel et du multimédia.
 

Comment démarrer un Storyboard ?

Pour commencer, il vous faut un script, c’est-à-dire le texte adapté par le scénariste pour le dessinateur, et sur lequel repose l’histoire.
Voici un exemple de script court pour une séquence de trois cases :
CASE 1
Lieu : dans le salon.
Jennifer, une petite fille blonde vêtue d’une robe interpelle sa mère avec inquiétude: « maman ! maman ! l’armoire est tombée ! ».
CASE 2
Sa mère, hors champ, lui répond : « Je suis occupée… Dis-le à ton père »
CASE 3
Jennifer réplique de plus belle, impuissante: « Il le sait déjà, il est dessous ! »
storyboard petite fille
cette image a été faite en moins de trois minutes sur Storyboardthat.com
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On peut voir sur cet exemple que le storyboard découpe l’action rapidement pour aller à l’essentiel. Bien sûr, il sera moins précis que la planche de bd en elle-même, mais il donne un aperçu rapide du lieu, de l’ambiance, des personnages et de l’action. Passer à la planche finale sans avoir pris le temps de découper la scène de cette façon serait une terrible erreur. Le storyboard n’est pas une perte de temps, c’est même plutôt le contraire : c’est un gain de temps considérable même si on a toujours tendance à vouloir dessiner la planche finalisée directement. Je me souviens même que Juanjo Guarnido, dessinateur de Blacksad, avait révélé qu’il n’aimait pas spécialement le stade du storyboard mais que cela restait tout de même une étape indispensable dans la mise en œuvre d’une bande dessinée.
storyboard de la bande dessinée Blacksa


Les questions de base à se poser pour écrire un script


  • Où la scène a-t-elle lieu ? Décrire brièvement les lieux.
  • Qui sont les personnages ? Les décrire physiquement.
  • Quelles émotions se dégagent de ces personnages ? Décrire leur état émotionnel en deux ou trois mots.
  • Que disent-ils ? Ecrire les dialogues. Aller à l’essentiel, car il faut tout faire rentrer dans un minimum de bulles.
  • Comment réagissent-ils ? Décrire les différentes interactions physiques ou morales.
  • Que va-t-il arriver ensuite? Laisser du suspens pour les actions à venir.
un mec se fait jeter
huhu, j’ai un peu craqué ;)
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Quelques questions à se poser pour commencer à créer sa propre bande dessinée

  • Est-ce une histoire drôle ?
  • Est-ce une histoire sérieuse ?
  • Qui sont les personnages ?
  • Quelle est leur histoire ?
  • Quels évènements vont les réunir et les faire interagir ?
  • Quel est le message que l’on veut transmettre ?
  • Quelle est la chute de l’histoire s’il y en a une?

Sans trop rentrer dans les détails de la structure d’un scénario, car là n’est pas le sujet, le storyboard permet surtout d’expérimenter facilement et d’introduire rapidement les personnages dans leur contexte.
dessin du chaperon rouge
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Les étapes du storyboard


Voyez le storyboard comme un simple outil. Il n’est pas là pour faire joli en soi. Un storyboard peut être fait rapidement dans un coin de carnet. L’important est que l’on puisse visualiser à peu près la scène et tester une multitude d’approches pour raconter notre histoire.
Il existe plusieurs niveaux de storyboard. Plus vous allez vous rapprocher de la planche de bande dessinée finale, et plus le nombre de détails va s’accroître.
  • On peut commencer en noir et blanc, en gribouillant rapidement avec des traits imprécis, sur des cases de même taille.
  • Ensuite, sur un format un peu plus grand, on peut passer à une version avec des aplats et des tonalités, ou simplement commencer à gribouiller sur un vrai gaufrier, en réservant les plus grandes cases aux plans les plus importants. Dans cette deuxième version du storyboard on s’attarde un peu plus sur la perspective et sur les proportions des personnages par rapport au décor.
  • On peut créer une troisième version, qui sera une mise au propre de la seconde version avec les dialogues des personnages. Cette version finale ressemblera beaucoup à la version finale de notre planche de BD.
Bien sûr, toutes ces étapes ne sont pas forcément nécessaires si vous ne comptez pas faire du dessin semi-réaliste. Pour le dessin d’humour, une étape ou deux peuvent suffire, surtout si la perspective n’est pas complexe.
En construisant progressivement le storyboard, il sera plus simple d’éviter les erreurs et de les corriger au fur et à mesure, tout en affinant le contenu de chaque case.
De plus, comme il est facile et rapide à mettre en place, on peut aisément le partager avec ses amis. Il arrive souvent qu’au début, on essaie de dessiner tout de suite la version finale de la planche, et quelle déception lorsque quelqu’un nous dit qu’il y a des choses qui clochent. Mieux vaut repérer les problèmes directement sur le storyboard plutôt que sur la version finale du dessin !


Pas besoin de savoir dessiner pour créer ses propres storyboards!

De nos jours, avec les outils mis à disposition sur internet on peut vraiment s’en sortir même quand on ne sait pas dessiner.
Pour produire les strips (=BD en trois cases) que j’ai publié sur cet article, je n’ai même pas eu besoin de photoshop ou de quoi que ce soit d’autre. Je suis tombé par hasard sur une application en ligne gratuite storyboardthat . J’ai même pris le temps de contacter son créateur pour le féliciter de son super travail. Il m’a révélé qu’il serait bientôt possible d’importer ses propres dessins à l’intérieur des storyboards.
Bon, cet outil est en anglais, mais pas besoin de comprendre l’anglais pour faire des glissés-déposés. J’ai passé moins d’une minute sur chaque case. Quel gain de temps!. Plus besoin d’être un artiste pour réaliser ses propres bandes dessinées de nos jours, enfin, j’exagère un peu, mais je suis sûr qu’avec le temps les outils dans ce genre seront de plus en plus nombreux, et c’est tant mieux pour ceux qui ne savent pas dessiner,  je parle spécialement pour lesscénaristes ;)
Pour ceux et celles qui s’intéresseraient à la bande dessinée et au manga, n’hésitez pas à commenter cet article et à me dire quels problèmes vous rencontrez et quels articles vous voudriez que j’écrive sur le sujet à l’avenir.

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